Shanghai est un livreur en sursis

livreur

Ils sillonnent la ville sept jours sur sept sur leurs scooters à toute allure te frôlent quand tu traverses la rue près de l’école ils ne te voient même pas le regard penché vers leur téléphone mobile consulté à tout va l’autre main sur le guidon chacun pour soi c’est la devise de ces livreurs embauchés pour une poignée de soja en Chine des gars ont flairé le filon créer une boîte sur le net lancer une application dédiée aux commandes et aux livraisons puis jeter sur la voie publique son équipe de jeunes téléphone en main chaque patron la sienne d’équipe les commandes se prennent et tombent comme à la criée aux poissons sauf que là tu dois gérer dans la fraction de seconde sur ton écran il faut être plus vif que les collègues enfin les concurrents pas de temps à perdre plus tu prends de commandes plus tu gagnes donc faut pas lambiner pour se lancer dehors une fois récupéré le scooter sur le parking de la boîte ça vibre dans la main et tu files récupérer la marchandise souvent c’est de la nourriture commandée à un restaurant puis tu fonces vers le client et quand il est livré quand tu as fini par trouver son adresse ça te bouffe un temps fou cette recherche retour en vitesse sur l’écran parfois ton patron te donne un polo aux couleurs de la société avec le casque assorti tu es un peu obligé de le porter mais souvent zéro casque sur la tête du livreur pas important il faut foncer du matin au soir et si ton scooter tombe en panne c’est pour ta poche les réparations débrouille-toi et compte pas sur un dédommagement une société a trouvé un nom porteur pour attirer le client Est-ce que tu as faim ? ça parle tout seul comme le chiffre terrible que tout le monde ignore bien sûr entre janvier et juin soixante douze livreurs ont trouvé la mort en travaillant dans les rues de Shanghai ça fait presque un mort tous les deux jours ça pèse quoi dans une ville de vingt huit millions d’habitants tu te le demandes avec effroi.

Un commentaire sur “Shanghai est un livreur en sursis

  1. En France, à Paris, on voit les coureurs cyclistes de Deliveroo (un nom rigolo pour un « job » de forçat) qui doublent les adeptes lents du Vélib’…
    On dit qu’Uber va faire son beurre aussi sur ce marché, j’ignore s’ils vont insérer des triporteurs dans le trafic.

    Belle série que ce Shangaï ! 🙂

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