Les VasesCommunicants

*** VaseCommunicant d’avril 2017 avec Marie-Noëlle Bertrand

Deux ans que n’avions plus VaseCommuniqué avec Marie-Noëlle Bertrand
et là, presque par surprise,
un désir commun d’échanger à partir de trois mots  :

parmi nos disparus

trois mots qui pèsent si lourd
dans le quotidien du monde

Bienvenue à son texte puissant.

Le mien est accueilli sur Éclectique et Dilettante
son blog de textes, de sons et de photos

mémoire sans lieu

disparu
mort
perdu
désavoué dans sa qualité d’être humain

disparus en mer
l’esclave enchaîné dans les cales, le marin d’ici ou d’ailleurs, le boat-people d’hier, le migrant d’aujourd’hui

disparus, avalés par Héphaïstos
l’ouvrière du textile au Bengladesh, l’enfant vietnamien ou syrien qui court sous les bombes, l’habitant d’Hiroshima ou de Tchernobyl

disparus, dévorés par Mammon
l’ouvrier licencié par Renault ou Arcelormital, le SDF sur le trottoir de Manhattan, la jeune femme abandonnée au cancer dans les usines Samsung

disparues, proies du dieu phallus
la prostituée de Ciudad Juarez, la femme de réconfort coréenne, l’épouse tuée par les coups de son conjoint

disparus, broyés par les mâchoires de Seth
le poilu dans la tranchée, le déporté à Auschwitz, le condamné au goulag sibérien, le prisonnier à Guantánamo

disparus
inconnus ou icônes
leur voix et leur cri
leur visage
dans nos vies
dans nos nuits
lieux de mémoire
mémoire sans lieu

                                      Marie-Noëlle Bertrand

Un double grand merci à elle, qui chaque mois, coordonne, accueille et met en relation les VasesCo et leurs auteurs. Échanges à suivre sur Facebook et sur Twitter.

Gratitude également à François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – , tous deux à l’origine du projet des Vases Communicants : le premier vendredi de chaque mois, chacun écrit et publie sur le blog d’un autre de son choix, à inviter selon son envie. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

*** VaseCommunicant d’avril 2016 avec Dominique Hasselmann

Écrire politique. Le désir me titillait à nouveau depuis cette vidéo de François Bon, postée il y a deux semaines. La charité des pauvres à l’égard des riches, c’était. Lecture à voix haute du livre de Martin Page. Ce jeudi après-midi, ce désir a germé. Avec Dominique Hasselmann, avons eu envie de VaseCommuniquer en mettant des mots sur ces deux mots. Écrire politique. Voici son texte. Accompagné de l’une de mes photos marseillaises. Le mien est à découvrir sur son blog Métronomiques. Avec une pensée émue pour Francis Royo, qui est parti sans un bruit.

rue Bichat, 31.3.16_DH

Mordre puisqu’il est encore temps
ne plus se laisser faire
jeter aux orties la fleur éventée à force de tricher sur le parfum
– changer la vie nous avaient dit avec leur rose au poing
le désirions tant qu’y avions cru
et savouré la légèreté de l’air de mai
étions jeunes
encore
avions mis un mouchoir rouge sur notre radicalité
avions joué le jeu des lendemains qui chantonnaient

sans tarder, la rose a peu à peu perdu ses épines
pour mieux se vendre aux marchés
de plus en plus pâle
de plus en plus triste avec ses pétales en costard-cravate
de plus en plus dénuée d’imagination
de plus en plus insensible aux visages de la rue
des quartiers
des usines
des ouvriers
des cités
des femmes
des jeunes
des étrangers
des artistes

et puis est venu le temps sans illusion
du changement c’est maintenant
la rose s’est flétrie sur le grand étal de la finance
de la précarité
du reniement
des trahisons à la pelle
a perdu le lien avec la sève qui abreuve nos veines
se délite et part en poussière sur les pavés de notre Histoire

alors mordre maintenant, oui, puisqu’il le faut
arrêter de se pâmer devant les roses roses
et tous ensemble
croquer dans les cerises rouges de mai

Un grand merci de nous deux à Marie-Noëlle Bertrand qui s’occupe chaque mois de coordonner, accueillir, mettre en relation les VasesCo et leurs auteurs. Gratitude également à François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – , tous deux à l’origine du projet des Vases Communicants : le premier vendredi de chaque mois, chacun écrit et publie sur le blog d’un autre de son choix, à inviter selon son envie. La circulation horizontale entend produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous intéresse, signalez-le au groupe dédié sur Facebook, sur Twitter et sur la page Le rendez-vous des Vases qui vous permet aussi de vous promener à votre guise entre les textes.

*** VaseCommunicant de mai 2015 avec François Vinsot

Tout est parti d’un tweet reçu de François le 3 avril : Un texte à deux en quelques échanges à partir d’un ou de quelques mots, cela vous dirait ? Réponse instantantée : OUI. En lui proposant ces trois mots : Regarder vers le ciel. Voici notre VaseCo à quatre mains :

Le monde se divise en deux : ceux qui croient que la poussière d’étoile c’est surtout de la poussière, et ceux dont le regard danse jour et nuit. Après une vie passée sous l’eau à réparer les coques des grands bateaux, Monsieur A. reçoit une lettre. À la porte. La boîte ferme. Retour à la surface. Monsieur A. et ses camarades plongeurs profonds ne verront désormais plus la mer que depuis la rive. L’important quand on plonge c’est de bien penser à équilibrer les oreilles, histoire de ne pas remonter fou. Un accident est si vite arrivé. Et ça n’arrive pas qu’aux autres. On n’en parle jamais entre nous mais chacun sait bien de quoi il retourne. Il y a de bonnes et de mauvaises années, comme dans tout.

Quelle année pourrie, se dit Monsieur A. en clignant des yeux dans le soleil de mai. Pas habitué à tant de lumière. Au fond, plus confortable c’était. Tamisé. Un peu verdâtre, parfois limite glauque mais bon, il se sentait comme protégé par les grandes coques. Là, la tête lui tourne. Les pieds pourtant bien accrochés au sol, il a l’impression de tanguer sous les assauts de ce flot de lumière au rayonnement cru. Peut-être est-il aussi en proie à l’ivresse du chômeur. Appelée aussi trouble de l’horizon. Une pathologie apparue depuis qu’une à une, les entreprises portuaires ont fermé leurs portes, laissant tant d’hommes et de femmes seuls face à la rade. Seuls devant la ligne d’horizon. Les yeux embués et la tête emboucanée. Monsieur A. N’est pas homme à tergiverser. Quitter le port, quitter la mer, il décide. Demain, en voiture vers la montagne. Vers les cimes où il fait si bon accrocher son regard au ciel et s’envoler vers les étoiles.

Monsieur A. se réveille en sueur au milieu de la nuit, seul dans le grand lit. Ce rêve de montagne, franchement, qu’est ce qui lui a encore pris ? Son inconscient qui se prend pour un guide de haute montagne, il n’y a pas que les pistes qui soient glissantes. D’accord les montagnes de son rêve étaient belles et on y accueillait les bras ouverts les inconnus au teint buriné par les embruns et aux mains calleuses du sel et des filets, mais de là à s’y rendre vraiment. Ou alors c’est pour une vraie expédition, L’Everest ou le Mont Blanc ou n’importe où de haut, de loin, de magique ; un pari qui vous secoue de la pointe des cheveux à la pointe des pieds. Si Monsieur B. dit oui, Monsieur A. verra ; sinon, il y aura bien d’autres nuits, d’autres rêves, et plus si affinités.

À présent, le voilà en route pour Chamonix. Monsieur A. sifflote O sole mio. Tout heureux de son coup de fil à Monsieur B. et de son oui tonitruant lorsqu’il lui a demandé de le mener vers le sommet du toit de l’Europe. Une vieille connaissance ce guide de haute montagne. Service militaire ensemble, puis séparés par la vie mais jamais tombés dans l’oubli l’un pour l’autre. Nourris de récits de mer et de montagne. Le même attrait pour le manque d’oxygène. Pour l’ivresse des profondeurs comme des sommets.

Pourquoi a-t-il fallu qu’un vieux chevreuil décide de mettre fin à ses jours quelques mètres avant le panneau indiquant qu’une rencontre est toujours possible ? Monsieur A. l’a percuté sans connaître la réponse. La première ambulance n’est pas arrivée aussi vite que dans un film. Ce n’est pas une route très passante en pleine nuit. L’hélicoptère de la région a permis de sauver monsieur A d’extrême justesse. Il est resté deux jours dans le coma et puis en est sorti. « Vous avez eu de la chance dans votre malheur » fut la première phrase qu’il entendit du début à la fin.

Cette phrase hanta Monsieur A. pendant une année. Elle le poursuivit jour et nuit jusqu’à disparaître une fois l’été revenu. Un beau matin début juin, sa rééducation terminée, il vit arriver Monsieur B. à la clinique.

– Je t’emmène à l’Hôtel des Marmottes, mon ami. Tu vas te reposer, te requinquer. Dans un mois, nous serons d’attaque pour partir là-haut.

Assis chaque soir face au ciel, Monsieur A. oublia peu à peu le mot malheur. Lui qui connaissait par cœur le nom de chaque poisson croisé auprès des bateaux se mît à apprendre à nommer chaque étoile. Comme Monsieur B. l’avait imaginé, il fut fin prêt dans les temps pour se lancer à l’assaut des sommets.

Le texte chez François : http://wp.me/p5iFW8-fM

Un grand merci de nous deux à Angèle Casanova qui s’occupe chaque mois des Rendez-vous des vases. Gratitude également à Brigitte Célerier, François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – , tous deux à l’origine du projet des Vases Communicants : le premier vendredi de chaque mois, chacun écrit et publie sur le blog d’un autre de son choix, à inviter selon son envie. La circulation horizontale entend produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous intéresse, signalez-le au groupe dédié sur Facebook, sur Twitter @vasescogroupe et sur la page du Rendez-vous des vases qui vous permet aussi de vous promener à votre guise entre les textes.

*** VaseCommunicant d’avril 2015 avec Marie-Noëlle Bertrand

En attendant le printemps

Observateurs du ciel, des oiseaux et des arbres sommes, elle et moi. Des saisons qui passent aussi. Du coup, ce printemps qui s’est pointé à tout petits pas dans nos villes nous a donné envie de parler de lui et de partager un VaseCo. À Marie-Noëlle, j’ai envoyé un poème, à découvrir sur la dilettante, son joli blog de textes, de sons et de photos. Elle m’a adressé 8 haikus à découvrir ci-dessous. La version audio de ce VaseCo d’avril est à écouter sur sonsdechaquejour.com.

Transis dans le vent

du printemps, promesse des

timides bourgeons.

~ o ~

Fiers magnolias,

sous la pluie et le vent vifs –

Fragiles vous êtes.

~ o ~

Pigeon hésitant

dans le parterre fleuri –

Encore si froid.

~ o ~

Avancée de l’heure,

L’aube est plus tardive –

Réveil difficile.

~ o ~

Sous le gris du ciel,

le rose des cerisiers –

Le printemps est là.

~ o ~

Ce maudit noroît

tait l’arrivée du printemps –

Carcasse moulue.

~ o ~

Des agneaux gambadent

ignorants du sacrifice

de la Pâque proche.

~ o ~

Que le doux printemps

Vienne nous faire oublier

Les frimas d’hiver

~ o ~

François Bon et Jérôme Denis ont été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois, longtemps coordonnés par Brigitte Célérier et désormais – depuis novembre dernier – par Angèle Casanova. Qu’elles et ils en soient remerciés.

Marie-Noëlle Bertrand est aussi sur Twitter @eclectante

*** VaseCommunicant de février 2015 avec Françoise Gérard

Regarder le ciel

Sur nos cieux échangés, nous avons imaginé des mots. Haïkus lancés audelà des frontières. Quelques fleurs colorées disposées par chacun dans un même vase au-dessus de nos têtes. Elles se côtoient entre azur et nuages. À les lire et les réciter, personne ne saura qui les aura placées là, en majesté. À chacune et chacun de deviner… Ici et sur leventquissoufle.

Françoise Gérard et Éric Schulthess

Nuage
île du ciel
clin d’oeil

Nuage_île du ciel

Voltigeurs matinaux –
vous ne craignez ni l’orage,
ni l’horizon

Elévation_soif d'absolu

Oiseau funambule
entre ciel et terre
comme un point d’intersection

Oiseau funambule

Il paraît qu’au-delà du clocher –
vers le gris,
résonne l’Amérique

IMG_5031

Ciel-océan
à l’horizon du rêve
soif d’absolu

Cielimmensité

Deviner les pins du Japon –
devant ce ciel cerisier,
très loin

Cielvioline-du-soir

Bleu limpide
transparence du ciel
élévation

Cielillumination

Nous remercions chaleureusement Angèle Casanova qui s’occupe chaque mois
des Rendez-vous des vases. Gratitude également à Brigitte Célerier, François Bon – et à son Tiers
Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – , tous deux à l’origine du
projet des Vases Communicants : le premier vendredi de chaque mois, chacun
écrit et publie sur le blog d’un autre de son choix, à inviter selon son envie. La
circulation horizontale entend produire des liens autrement. Ne pas écrire pour,
mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous intéresse, signalez-le au groupe
dédié sur Facebook, sur Twitter et sur la page du Rendez-vous des vases qui
vous permet aussi de vous promener à votre guise entre les textes.

*** VaseCommunicant de décembre 2014 avec Rixile

De Rixile, j’ai d’abord lu ces quelques mots de présentation sur son compte Twitter : maîtresse de choeur, piano, mélodies, audace et grain de folie, sur un vague extrêmement précis, bord de rivière. Ensuite, je suis allé visiter son blog et je suis tombé sur deux phrases mystérieuses : Il manque des pièces maîtresses et un peu de douceur à l’amertume. Alors, je me suis plongé dans son blog intitulé Rixilement, nourri de textes, de citations, de lectures à voix haute et de musiques. Se promener dans cet espace de poésie est une douceur que je ne sais me refuser. Le mois dernier, j’ai eu envie de proposer à Rixile de partager ce dernier VaseCommuniquant de l’année. Elle a dit oui et m’a suggéré un thème : la cédille. Voici la promenade poétique qu’elle m’a adressée en partage

En signe de ponctuation

Le maître nous l’avait tant répété. En orthographe, en conjugaison, la cédille changeait le son.

La petite personne que j’étais pensait que c’était un signe transparent, sans importance, comme un oubli, un changement de son dans nos ponctuations, inutile d’y faire attention.
J’ignorais alors qu’un signe pouvait être marquant, une attente entendue, un secret chuchoté, une main tendue.
Je ne savais pas que le clignotant pouvait être déterminant,
que le vent pouvait ébouriffer l’océan,
que la main pouvait guider,
l’oeil cligner,
que la respiration donnait un nouveau départ,
le doigt une direction,
que les mots réchauffaient,
les sons enivraient,
les dièses augmentaient,
les lettres transformaient.
J’ignorais que l’écume pouvait s’occuper des jours tristes de même que le blé pouvait chanter.
Je ne savais pas que le signe ajoutait ce que le bémol enlevait, comme l’épice relève et le sucre adoucit.
Les signes signifiaient.
Je l’ignorais.
Dans ma maison de petite fille, ils n’étaient pas.
Ailleurs, ils cherchaient un essentiel.

La petite personne que j’étais avait grandi, s’était installée dans une nouvelle maison, avait fait venir l’homme aux électricités. Il s’était appliqué dans les tracés, les fils colorés, les départs, les arrivées. Silencieuse, je l’avais laissé travailler.
Le dernier geste qu’il avait effectué de ses grandes mains avait été celui d’accrocher le plafonnier au petit crochet. Observant le crochet blanc, je m’étais alors demandé s’il changerait le son de ma maison, de mon piano et de mes mots.
Comme j’avais appris à n’oublier ni les cédilles, ni les signes de mes ponctuations, je savais que je  n’oublierai pas ce crochet-là, ni l’électricien aux longues mains qui avait éclairé ma petite maison.

Rixile

J’aime tant ce texte que je l’ai lu à voix haute. Sa version audio est en ligne sur mon blog de sons sonsdechaquejour.com

Pour lire Sam cédille, le texte déposé dans mon Vase, c’est par ici.

Remerciements à Angèle Casanova, qui s’occupe désormais avec coeur des rendez-vous des vases. Gratitude également à François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis et son Scriptopolis.  – Ils ont initié ce projet des Vases Communicants : le premier vendredi de chaque mois, chacun écrit et publie sur le blog d’un autre de son choix, à inviter selon son envie. La circulation horizontale entend produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous tente, signalez-le au groupe dédié sur Facebook, sur Twitter ou sur le blog http://rendezvousdesvases.blogspot.fr, qui vous permet aussi de vous promener à votre guise entre les vases.

*** VaseCommunicant de novembre 2014 avec Olivier Savignat

Olivier Savignat est un poète. Rencontré grâce à Twitter. Un poète blogueur. Sous mes doigts la pluie, il s’appelle son blog. Délicats et sensibles ses poèmes, à l’image de celui qu’il m’a adressé pour ce VaseCommuniquant, le tout premier que je partage avec un auteur masculin. Un petit bijou ciselé à partir de la photo ci-dessous – qu’Olivier a choisie parmi trois par moi adressées – et qui va rejoindre le joli présentoir où s’affichent ses Cosmogonies.

Cosmogonie

La lune matinale

les étoiles brûlantes

aiguisent mon appétit

photopourOlivier3

Mais j‘ai la tête ailleurs

je ne bois pas le lait du ciel

jusqu’à la lie

                    Olivier Savignat

Pour découvrir mon Vase, c’est simple comme un clic : rendez-vous chez Olivier .

Je remercie chaleureusement Angèle Casanova qui  a pris le relais de Brigitte Célérier pour s’occuper chaque mois des Rendez-vpous des vases. Gratitude également à François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – , tous deux à l’origine du projet des Vases Communicants : le premier vendredi de chaque mois, chacun écrit et publie sur le blog d’un autre de son choix, à inviter selon son envie. La circulation horizontale entend produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous intéresse, signalez-le au groupe dédié sur Facebook, sur Twitter et sur la page du Rendez-vous des vases qui vous permet aussi de vous promener à votre guise entre les textes.

*** VaseCommunicant d’octobre 2014 avec Angèle Casanova

J’ai disposé pour vous dans mon CarnetDeMarseille cette poignante et saisissante lettre d’Angèle Casanova, qui a commencé récemment une nouvelle série : une correspondance fictive avec Grisélidis Réal. La mort y est bien vivante. Cette mort qui tisse notre échange en ce premier mois d’automne, comme nous l’avions choisi, Angèle et moi.  C’est un peu abrupt dit comme ça, mais la mort ne me rend guère prolixe. Pardon. Je côtoie et approche son ombre chaque jour auprès de celle qui me donna la vie… Et cette lettre résonne profond en moi.

BELFORT, LE 2 OCTOBRE 2014 A 23 HEURES

 Chère Grisélidis Réal,

 Lorsque vous comprenez que vous allez mourir, vous renouez avec Jean-Luc Hennig. Pour vous, la mort est un livre. Elle prend la forme d’un livre. Parce que ne me racontez pas n’importe quoi. Je ne vois nul hasard dans le souhait que vous émettez, après des années de silence, de reprendre une correspondance régulière avec celui qui vous a aidé à accoucher de La passe imaginaire. Non. La seule raison plausible que je vois à ça. Cette demande. C’est que vous savez. Dès 2003. Que c’est la fin. Que ce cancer. Il aura votre peau. Alors. Sans rien dire. Vous continuez à vivre. A vous battre. Mais au fond. Vous savez. Vous écrivez comme on se jette à l’eau. Vous écrivez comme vous avez vécu. Sans faire la moindre concession. Sans rien taire. Si ce n’est. Ça. Ce secret. Que vous savez. Tout. La mort. Là. Au bout.

Cette semaine, j’ai lu un court opuscule, Fin de la vie, société et souffrances. L’auteur, Nadia Veyrié, se demande quand commence la mort. Elle émet une hypothèse intéressante. La mort commence le jour où le malade se rend compte qu’on parle de lui au passé. Comme s’il était déjà mort. On pourrait même dire que la mort commence. Le jour où, sans que cela se voit, sans que l’intéressé le devine, les autres commencent à le considérer comme condamné. Le jour où cette certitude de sa mort à venir s’insinue dans leur tête à eux. Dans leur regard. Dans leur manière d’éviter le sien. De regarder ailleurs quand il parle de projets d’avenir. Du retour à la maison. Du prochain Noël du petit. Mais je m’égare. Je parle de moi. C’est vrai. Ce moment, je l’ai vécu. Dans ma chair. J’ai été celle qui condamne. Ce fut une œuvre collective. Nous nous y sommes tous mis. A parler de lui à la troisième personne en sa présence. Quand son esprit vagabondait du mur au ciel. Quand il demandait ses bonbons La Vosgienne. Alors je l’ai condamné. En paroles. Et puis. Au fur et à mesure des événements. Opération. Chimiothérapie. Radiothérapie. Cerveau comprimé. Tête gonflée. Danger de mort. Rémissions passagères. Je l’ai condamné. Réellement. J’ai souhaité. Qu’il parte. Doucement. Au milieu des siens. Au soleil de midi. Son petit-fils jouant sur ses genoux. J’ai souhaité. Ça. Cette mort. Avec nous.

L’avoir condamné. Ça restera. En moi. Pour toujours. Une trace. Un sillon. Qui me creuse. Me taillade. Met la mort au cœur de ma vie. Parce que quand on condamne un être vivant. Quand on rend sa mort inéluctable. Le doute subsiste. Quelque part. Et si. Je ne l’avais pas condamné. Et si. Cela avait changé quelque chose. Pourtant je sais. Pertinemment. Qu’il ne pouvait pas être sauvé. Que sa tumeur était mortelle à cent pour cent. Qu’on n’en guérit pas. De cette forme-là. Spécifique. De tumeur. Rare. Infaillible.

 Et vous. Ma chère Grisélidis. Quand. Quand avez-vous compris. Qui vous a fait comprendre. Que la guerre était perdue d’avance…

Peut-être l’avez-vous toujours su. Votre cancer au ventre ressemblait tant à celui de votre mère. Votre mère. Morte. Ventre ouvert. Pourri. Sous vos yeux impuissants. Dans la souffrance la plus terrible. Alors. Votre cancer. Le même. N’a pu. Que faire écho. Au sien. Et vous emporter dans des abîmes de terreur. Alors dites-moi si je me trompe. Mais je crois. Que si quelqu’un vous a condamnée. A la mort. En faisant comme si vous étiez déjà morte. C’est vous. C’est vous qui avez contacté Jean-Luc Hennig. C’est vous qui avez, ce faisant, constaté l’imminence de votre mort. Et la nécessité qu’elle prenne la forme d’un livre. Un livre souffrant. A l’image de votre corps. Mais un livre. Qui témoigne. Qui reste. Après la disparition de votre propre corps. De votre identité. Alors ce livre. A la fois. Vous condamne. Dans l’instant-même où vous en faites le projet. Et vous sauve. En vous donnant accès à un autre plan d’existence. En justifiant vos souffrances par cet aboutissement. Ce livre. Qui parle de ce que c’est que finir sa vie. De ce que c’est qu’être malade du cancer. La longueur que ça a. Ce temps. Entre deux. Où il ne vous est plus possible de jouir de la vie. De manger. De boire. De rire. De baiser. Comme avant. Et que vous êtes pourtant obligée de vivre. Vous qui êtes toujours là. Vivante. Sensitive. A l’excès. A fleur de peau. Humant la vie. La goûtant. Vous enivrant de la moindre odeur. De la beauté du monde.

En vous. La mort. Et la vie. S’entrelacent. Dansent leur danse macabre. Sans fin. Jusqu’au dernier instant. Que je n’ai pas vécu avec vous. Puisque le livre s’arrête quelques jours avant votre mort. Et qu’après, vous n’écrivez plus. Nous ne savons plus de vous que ce qu’en dit Jean-Luc Hennig. Un discours indirect qui sonne faux. Qui nous montre bien qu’au fond. Vous êtes déjà morte. Que la mort pour vous n’a rien de la mort physique. Que vous étiez déjà morte quand vous avez décidé d’écrire ce livre. Et que vous êtes vraiment morte. Par l’esprit. Quand vous avez cessé d’écrire.

Mais, chère Grisélidis, en moi, vous vivez. En moi, vous vivez. A bientôt.

 Angèle Casanova

Pour vous plonger dans mon petit vase, il vous suffit de cliquer sur http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/spip.php?rubrique60&var_mode=calcul

Gratitude  à Brigitte Célérier, qui s’occupe chaque mois avec générosité des rendez-vous des vases.  Remerciements aussi à François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – , tous deux pères du projet des Vases Communicants : le premier vendredi de chaque mois, chacun écrit et publie sur le blog d’un autre de son choix, à inviter selon son envie. La circulation horizontale entend produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous fait briller les yeux, signalez-le au groupe dédié sur Facebook, sur Twitter ou sur le blog http://rendezvousdesvases.blogspot.fr, qui vous permet aussi de voyager à votre guise entre les vases.

*** VaseCommunicant de septembre 2014 avec Lan-Lan-Huê

J’accueille ce mois-ci sur mon CarnetDeMarseille ce texte poétique de Lan-Lan-Huê *. Maison est le mot qui nous a inspiré. J’imagine que Huê vit dans une maison. Comme moi. Qu’elle y trouve nombre de moments heureux. Qu’elle y passe entre autres des heures à écrire. Comme moi. Fascinés nous sommes par les lieux où vivent les autres. Tourmentés aussi par celles et ceux qui restent au bord du palier. Parfois sur le trottoir. Par ceux aussi qui ne font qu’y passer et en sortent bien vite. Alors, il nous revient d’imaginer une maison qui puisse accueillir l’autre. Où il se sente bien. Où se perçoive toujours une belle lumière à travers la fenêtre.

                                                   La maison de l’autre

J’ai sondé les fenêtres. Les lumières. Et puis le ciel, le matin. Et voilà qu’apparaissent à ses pieds, des reflets nocturnes. Chambres intérieures, insensées, impossibles existences.

Magritte

Et ses images m’enlisent vers un fond que je ne voulais pas. Dans cet huis clos aux nuages évasion. Les mots m’emprisonnent. Ils me manipulent. Mettent mes pas vers des lieux communs. Habitudes du regard, images, pensées. Et je cherche. Encore. Une issue, une porte, une fenêtre. Mais la voilà. Ouverture d’ombre.

Fenêtre Rene Magritte

Maison à tiroirs, amènerais-tu les mots nouveaux, les sons inventions, les sens déroutés ? Parce que tu accueilles et ne loges aucune majuscule, parce que tu n’es ni terre, ni toit, ni feuille. Ce sont des maisons minuscules. Elles racontent, elles désignent, elles ne font que montrer. Fractales éclatées.

Petits éclairs

A l’oblique de l’être.

Antidotes. Glissant sur la nuit. Germant d’écritures. Araignées du soir. S’étirant au plafond. Et pleuvant l’encre des songes.

Empire des lumières peut-être… car passant par chez l’autre.

1.L’empire des lumières, Magritte.

2.Fenêtre, Magritte

* Lan-Lan-Huê a publié sur nerval.fr, le magazine fictions & littérature en ligne un très beau texte : Le passeur, inspiré par son Vietnam natal.

Pour visiter ma maison de septembre, rendez-vous sur le blog de Lan-Lan-Huê : rencontresimprobables.

Remerciements à Brigitte Célérier, qui s’occupe chaque mois avec coeur des rendez-vous des vases. Gratitude également à François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – , tous deux initiateurs du projet des Vases Communicants : le premier vendredi de chaque mois, chacun écrit et publie sur le blog d’un autre de son choix, à inviter selon son envie. La circulation horizontale entend produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous fait briller les yeux, signalez-le au groupe dédié sur Facebook, sur Twitter ou sur le blog http://rendezvousdesvases.blogspot.fr, qui vous permet aussi de voyager à votre guise entre les vases.

* *

*** VaseCommunicant d’août 2014 avec Nolwenn Euzen

J’accueille ce mois-ci sur mon blog http://www.sonsdechaquejour.com ce son mystérieux signé Nolwenn Euzen, accompagné de ce texte poétique

«Les heures salubres sont dispensées». J’ai cherché où. Une part de moi disait que je pouvais seulement y croire, seulement le vouloir. Une autre ne voulait pas faire cet effort, ne levait pas le pied. Si quelqu’un m’avait remonté du courant qui m’emportait j’aurais tout replié pour dire que j’avais une chance folle d’être où j’étais. Oui. Mais je continuais à chercher ces «heures salubres» passant une porte puis une autre, enchaînant les pièces. Tu aurais pu me dessiner la joie, m’inviter dans la ronde des plus beaux enfants, leurs jeux les plus familiers, ces heures salubres étaient ailleurs. Il me fallait rêver la «géologie de mon silence». Qu’un être entende ce jardin qui cache sa saison «sous les sédiments expressifs».
* (Emprunts à Emily Dickinson et Gaston Bachelard. Dijeridoo joué par une artiste place G. Pompidou, Paris.)

* Image: citation de Bill Viola, cartel d’exposition

Si vous prenez à la lettre le blog de Nolwenn Euzen, vous la prendrez pour une menuisière. Joli mot pour bel atelier que sa grande menuiserie. Jolis mots, jolis billets et jolis sons que ceux qu’elle cisèle au gré de sa fantaisie et de son inspiration. Pour ce VasesCo d’août, nous avions convenu de partir chacun d’un dialogue à partir d’une place. Ensuite, nous avons navigué et déroulé des chemins mystérieux qui se parlent à distance. Le mien est à découvrir chez elle sur son blog

Un grand merci à Brigitte Célérier, qui veille mois après mois avec tant d’attention et de générosité aux rendez-vous des vases. Remerciements aussi à François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – , tous deux pères des Vases Communicants. Ce projet est simple et beau : le premier vendredi du mois,  chacun écrit et publie sur le blog d’un autre. Un autre de son choix à inviter selon son envie. La circulation est horizontale, histoire de produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous tente, faites le savoir sur le groupe dédié sur Facebook, sur Twitter ou sur le blog http://rendezvousdesvases.blogspot.fr, qui vous permet aussi de circuler à votre guise entre les vases.

*** VaseCommunicant de juillet 2014 avec Anna JOUY

Premier vendredi du premier mois du second trimestre. Comme le temps file vite. Je m’égare… Premier vendredi du mois et donc jour de l’échange, du mélange, de l’envasement désiré. Les VasesCommunicants, quelle découverte depuis le joli mois de mai ! Après Claudine Sales et Candice Nguyen, c’est avec Anna Jouy que nous avons choisi en ce mois de juillet de partager des mots, des phrases, des textes, des émotions, des sensations.

Anna Jouy est une poétesse suisse. Les adjectifs me manquent pour qualifier la beauté et la force de son Journal poétique « Les mots sous l’aube » http://www.jouyanna.ch/. Elle m’a suggéré voyages comme mot déclencheur. Et puis cartes postales. Je me suis laissé tenter. Comment aurais-je pu résister à ce partage ? Merci mille fois à elle d’accueillir sur son blog mes petites cartes postales. Sur mon CarnetDeMarseille, voici les siennes. Je les trouve superbes.

abitibi-1

Je t’écris de la terre lourde, de la glèbe et du pays de l’arbre ; je t’écris des eaux qui charrient des vaisseaux fantômes, de l’Indien, du cri, du Grand Voyageur.

Je t’écris à cheval sur les totems, dans la crique, dans le bois et dans le plus grand froid. Je t’écris de là où le cœur prend des racines qui soulèvent la forêt, la portent en ciel, sac de nuages et filaments de feu, en sacrant des blasphèmes de douleur et de désir.

Je t’écris des tripes liquoreuses des écorces, de l’état sauvage des jungles du Nord ; du triste et pesant travail de la taille et de la scie, du bruit mécanique et huileux des tronçonneuses. Je t’écris du barrage, du socque gras et des épis de gel dans les cheveux. Je t’écris comme on chute, avec ce squelette de foi qui tire les convois dans les banquises, avec cette chair de note brumeuse s’élevant des nostalgies. Je t’écris du chant de l’homme en mal d’amour.

Ici je vis solitaire, humain tendu, humain de trait, sans cesse, vainqueur de chaque défaite : Spike white Spike white, être de l’œuvre, esclave fier. Je t’écris de la rapaille, de l’ailleurs et tu sauras que partout où c’est noir, où c’est sale, où c’est transversales sombres, il y a ma poigne amoureuse désirante, projectile lent et lourd, planète ébranlée, ma Marche à L’amour.

ABITIBI photo guide sulisse.com

Québec Miron

PS Lire http://lunefunambule.com/2013/11/12/je-tecris-gaston-miron/

Buenos-Aires-de-Noche

Tu attends n’est-ce pas… ? Tu attends que se lève la nuit comme on lève la poste, les relevailles de folie, celle que je t’écris chaque soir, chaque nuit, à doigts saignants puisqu’en dessous il y a peut-être la vie.

Tu attends n’est-ce pas, que je rentre de mes frémissements, de mes alcools, des pilules blanches de lune ? J’en ai gobé des réverbères ronds et entiers sur le chemin de retour des aventures de Buenos Aires.

Tu attends que de solitude, que de chambre, que de table rase, je te sorte les foisons de l’immense, que je n’y aie pas fermé les yeux, mais gardé bien ouverts, nus de larmes, pures soucoupes dans lesquelles déposer tes amandes.

Tu attends que je sois devenue une danse, un briquet de feu dans les lampions du jeu des jambes. Tu attends que de ce ciel, je t’en dise la lumière, moi, qui n’habite que la nuit, seule couleur où tout le monde, même les êtres allogènes, les fiévreux du dispensaire, tous, peuvent fondre et me joindre.

Tu attends ces mots, qu’on ne peut dire que d’ici et qui sont bien ceux d’ici, America del Sur… Mais c’est à toi de trouver mon chemin, à toi de venir en moi, extraire la prose instable et le tango définitif d’un peu d’amour argentin.

Moi je n’ai que les cachets pour estampille de voiles à mettre.

Buenos Aires photo Omar Uran

Buenos Aires Pizarnik

PS Lire Pizarnik Alejandra http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/pizarnik/pizarnik.htm

pommeraie

Ça y est, j’y suis. Moi aussi j’ai cherché ce carré de neige rose dans le ciel de Google Earth. Moi aussi j’ai voulu m’enivrer de ce parfum, là où marcher sans jamais n’en revenir, dans le duvet du printemps. Il m’a fallu comme lui, attendre mon heure, attendre ce déclenchement soudain des chaleurs et des lumières pour savoir qu’il était temps. J’y suis allée pour toi, parce que je le savais déjà, à l’instant même où j’en ai lu le détail stérile de sa visite, sans la moindre miellée, que c’était l’exacte métaphore de tout ce que l’on entreprend et qui n’aura pas de suite.

Parfois c’est si beau que cela coupe le souffle. On se sent éperdu d’une gratitude inquiète : il y a bien des chances que la vie ressemble à ça. Ces kilomètres de pommiers, tous en même temps éclos, comme un gigantesque champignon aux spores évaporés, grand pompon de chantilly sur ce coin de terre, mouchoir d’un tulle infiniment léger et subtil recouvrant une absence en creux, un silence abasourdi, l’hébétude d’exister pour rien…. Un « don de Dieu », a-t-il dit, déambulant parmi ces arbres goupillant leur parfum au vent sec de Sibérie.

Et tout près de lui, dans les mêmes pas, aussi proches que possible aussi, aussi vains que le sont ces croisées qui n’auront jamais lieu…cet autre inaccessible.

Pommeraie/photo atome 77.com

Sibérie Andreï Makine

PS Lire Andreï Makine, Le Livre des brèves amours éternelles

http://www.aventurelitteraire.com/andrei-makine-le-livre-des-breves-amours-eternelles/

                                                                                                    Anna JOUY                                                                                                                                       

Un grand merci à François Bon et son Tiers Livre http://www.tierslivre.net/spip/, ainsi qu’à Scriptopolis http://www.scriptopolis.fr/, initiateurs de ce vivant projet des VasesCommunicants.

Remerciements chaleureux aussi à Brigitte Célérier grâce à qui chaque mois, nous ne manquons rien des autres échanges rendezvousdesvases.blogspot.fr.

** VaseCommunicant de juin 2014 avec Candice NGUYEN

Avec Candice Nguyen, nous partageons un pays de connaissance qui s’appelle Marseille. Depuis plus de vingt-six siècles, notre ville est le pays de tous les accueils et de toutes les mescles. De tous les ailleurs.

Ailleurs. Regardez-le bien ce mot. Pouvez jouer avec lui. Il a deux ailes. Singulier, il s’écrit comme un pluriel. Il est tourné vers les autres. Vers leurs ailleurs.

Ce mot, nous l’aimons tant que nous avons choisi de le célébrer comme une fleur à créer et à composer comme il nous plaît. À déposer dans nos deux vases communicants. Chacun dans l’espace de l’autre. En ce mois de juin 2014, je suis heureux et fier d’accueillir l’ailleurs poétique et mystérieux inventé par Candice. Raconté en mots et en musique. Une musique venue d’un ailleurs lointain puisqu’il est australien.

J’ai reçu ce vase avec ravissement hier à mon retour d’Afrique. Cette Afrique d’où j’ai ramené le mien que Candice me fait l’honneur d’accueillir chez elle.

Un chaleureux merci à Brigitte Célérier, qui mois après mois veille avec grande attention et générosité aux rendez-vous des vases.

Remerciements aussi à François Bon – et à son Tiers Livre – ainsi qu’ à Jérôme Denis – et son Scriptopolis – . Sans eux, les Vases Communicants n’existeraient pas. Ce projet est simple et beau : le premier vendredi du mois,  chacun écrit et publie sur le blog d’un autre. Un autre de son choix à inviter selon son envie. La circulation est horizontale, histoire de produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Si cette aventure vous tente, faites le savoir sur le groupe dédié sur Facebook, sur Twitter ou sur le blog http://rendezvousdesvases.blogspot.fr, qui vous permet aussi de circuler à votre guise entre les vases.

* VaseCommunicant de mai 2014 avec Claudine SALES

C’est avec émotion que je participe aujourd’hui pour la première fois aux « Vases communicants », beau projet d’échange et de partage initié par Le tiers livre de François Bon et Scriptopolis. Le premier vendredi du mois, chacune et chacun se lance dans un voyage d’écriture sur le blog d’un(e) autre. « Circulation horizontale sur la Toile pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre ».
Ces tout premiers vases partagés, nous avons choisi avec Claudine Sales de les remplir ensemble de mer et d’océan. Qu’elle en soit remerciée du fond du coeur.
Claudine Sales est une artiste qui m’émerveille au quotidien. Je côtoie ses dessins sur son blog colorsandpastels . Coloriste hors pair, elle m’emmène voyager vers les plages du Nord, sur les sables du Japon, au bord des baies imaginaires où s’envolent ses rêves. Ses vagues sont douces, ses écumes sensuelles, ses poissons malicieux, ses ciels tourmentés et ses couchers de soleil si puissants que l’on s’y perdrait.

Voici le dessin qu’elle a déposé sur mon carnetdemarseille transformé en vase de mai, accompagné de ce texte :
« Méditerranée. Berceau bleu dans lequel les dieux violents jetèrent au hasard d’âpres rochers vengeurs. J’ai vu du ciel de Grèce les îles et les côtes creusées de cavernes mystérieuses où naquirent ces dieux. Je ne connais pas Marseille. J’imagine en rêvant que des chants rocailleux éclaboussent aux calanques les mêmes souvenirs divins.»

Calanquesfinphoto

Dessin : « Berceau des dieux », d’après l’une de mes photographies de la calanque marseillaise de Sugiton.

Claudine Sales dessine ainsi depuis près de dix ans sur du papier Canson. Elle utilise des pastels Conté, sauf pour le blanc. Là, c’est un Sennelier ou un Schmincke qu’elle choisit.

Grand merci à elle d’accueillir mon texte parmi ses créations dans son vase disposé sur colorsandpastels
Remerciements aussi à Brigitte Célérier pour sa veille attentive et généreuse de nos Vases communicants.
Elle en établit chaque mois la liste des participant(e)s sur la page Rendez-vous des vases.
Grâce à son travail minutieux, nous pourrons voyager vers d’autres vases, d’autres textes et d’autres images.

9 commentaires sur “Les VasesCommunicants

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