In Paradisu #1

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Ils m’ont annoncé la nouvelle ce matin, comme on récite une recette cent fois ressassée. Que je le veuille ou non, il me faudrait dire adieu à la cellule où je croupissais depuis vingt ans. Je sortirais lorsque la nuit se serait dissoute dans le blanc des collines. Pas avant. J’ai mimé l’étonnement et la porte a claqué une dernière fois en projetant son souffle violent sur tous les rêves agglutinés dans l’ombre de ma tanière.

Avant même que les clés reviennent gratter entre la promesse de l’air libre et la moiteur des quatre murs, j’avais choisi ma destination. Ce serait Place de la Consolation. Marseille ne manque pas de lieux qui me sont chers mais cette place est unique. C’est là que j’ai appris à marcher. Enfant, j’y accompagnais mon père les jours de paie. Adolescent, j’y achevais mes manifs d’étudiant.

Aujourd’hui, je n’imagine pas d’autre lieu pour boucler la boucle.

(à suivre)