Hirondelles des matins clairs

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Jamais ne vous arrêtez
joyeuses hirondelles
le tournis toujours me donnez
à tire d’ailes

j’entends là-haut vos tout petits
les becs offerts
criez criez donc les chéris
un jour aussi fendrez l’air

prisonnier de la pesanteur
je vous envie
jamais ne vivrai le bonheur
de frôler vos nids

hirondelles des matins clairs
jamais ne cessez de voler
que monte vers vous ma prière
pour l’éternité

L’été jamais ne soulage

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L’été m’a donné des ailes
me suis échappé de la mer
et suis remonté vers le nord
porté par des flots d’air brûlant

parvenu en rivage de Seine
me suis posé près de l’eau
où flottaient bateaux par centaines
tous en papier, blancs et légers

vers où voguez-vous coquilles frêles
si loin encore est l’océan
votre appel à la mémoire vive
rend hommage à tous les migrants

l’été jamais ne soulage
ni la douleur du souvenir brûlant
de ceux qui en mer disparurent
ni le deuil de tous les survivants

 

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C’était hier la Journée mondiale des réfugiés

Respirer #5 Près des galets

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Toujours pareil lorsqu’arrive l’été
filer dès que possible tout près des vagues
respirer
se laisser terrasser par la chaleur
et lui faire un pied de nez près des galets
en disparaissant sous le bleu

une fois en dessous
se souvenir des étés d’enfance
passés à cuire sur les rochers
et à plonger
souvent
vers le fond
là où se promenaient encore crabes et poissons

toujours pareil lorsque filent les saisons
se réfugier sur un coin de passé
et mesurer que rien n’a vraiment changé
malgré les plongeons vers le fond dépeuplé

Poema corto para Manoli y Jesús

Amapolas

Pour Manoli et Jesús
nos amis espagnols
ce petit poème écrit en terre d’Aragón

Lejos de las golondrinas
que vuelen con ligereza
crecen tantas amapolas
con su rojo de esperanza

pasa y pasa siempre el tiempo
siempre nos vamos en cariño
aunque estemos lejos
como son las golondrinas eternas
y las amapolas rojas .

Loin des hirondelles
qui volent avec légèreté
poussent tant de coquelicots
teintés du rouge de l’espérance

passe et passe le temps toujours
restons toujours en affection
même si éloignés vivons
comme les hirondelles éternelles
et les rouges coquelicots .

Respirer #4 Baignade imminente

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Peu importe que l’eau soit glacée
dans une minute
pas plus
je me lance

tout nu
c’est encore meilleur

Suggiton, c’est pour ce plaisir-là
que je descends m’asseoir sur tes rochers

redécouvrir ton dénuement
te désirer
chaque fois
lovée dans l’extrême beauté de ton attente

et surtout oublier un instant
qu’il me faudra
comme chaque fois
me revêtir
finir par te tourner le dos
puis remonter sur le sentier
et repartir là-haut vers la ville
avant que la nuit pose en silence ses bras
sur tes attraits

Respirer #3 Suggiton en bas

Suggiton en bas

Loin des mauvaises ondes du monde
marcher longtemps
puis se percher
ici
au-dessus de Suggiton
ma calanque préférée
encore masquée par les arbres

réaliser que n’ai pas quitté Marseille
mes pieds bien ancrés sur le sol natal
savourer l’ouverture sur le large
l’ailleurs à portée de cils
respirer profond
et se relancer en chemin vers la mer

la deviner frisquette
désirer follement m’y plonger
loin des tragiques vagues du monde

Respirer #2 Là-bas le phare

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Petit chat tapi près des flots
tout au bout de la vieille Europe
te sais happé toi aussi
par le phare de Tarifa
au crépuscule

la nuit avance
et ressurgit
silencieuse
cette tristesse tatouée
sur chaque jour en fuite

ralentir et ralentir encore
la ronde des lueurs
destinées aux marins
en route là-bas
entre mer et océan

clore les paupières
et respirer le passage de la lumière
au ras des cils
au ras des lèvres
guetter sa présence et sa fuite

désirer une pause
aussi paisible que possible
parmi l’obscurité caressée

Respiration #1 La rade en face

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Grand besoin de m’oxygéner
l’écrivais hier ici

sans tarder
joindre le geste à la parole

séduit suis par le site Respirations
proposé par Alexandre Liebert
et découvert grâce à Arnaud Maïsetti

simple comme un bonjour ou un bonsoir
ce rendez-vous pour vidéos qui respirent
une minute en plan fixe
avec un petit titre pour ouvrir l’imagination
et susciter le désir de respirer et de reprendre espoir

le lieu : chez mon Papa
au-dessus de la Campagne Pastré
Frioul et Mont-Rose en vue

l’heure : midi, quand le mistral continue de s’apaiser

le titre : La rade en face

et à un de ces quatre
qui sait
avec une nouvelle respiration
pour se faire du bien

S’eri lo gabian, chanson d’actualité

 

Gabians

Fatigué suis depuis dimanche
des – en avant marche
des – ça va changer
des – vous verrez

marre des chiens de garde
aux plumes allergiques aux plaies
des toutous dociles, voix de leurs maîtres
des éditocrates donneurs de leçons à la c..

dégoûté aussi par les casseurs d’enthousiasme
qui à nouveau confondent
alors qu’ils devraient s’unir
lutte des places et lutte des classes
marre de leurs bras de fer infantiles
de leurs – rassemblons-nous …
… mais tout seuls
soupé de leurs paroles bafouées
nous mènent droit dans le fossé

tant besoin de m’oxygéner
de me laver la tête
de prendre un autre bain
de choisir un autre chemin

alors, à tue-tête j’entonne
cette chanson de Moussu T
à reprendre en chœur s’il vous plaît
sans modération
ad libitum
surtout le refrain
comme un appel vers le grand large

 

Lo Gabian  – Moussu T e lei Jovents

Si j’étais le gros gabian du bout du quai,
Je voyagerais partout gratuitement,
Un bon coup d’aile, y a qu’à faire tirer
Pour traverser les mers et les océans
Si j’étais le gros gabian du bout du quai,
Je m’en irais visiter les continents,
Survoler les villages et puis les cités,
J’irais caguer sur la tête des méchants

S’eri lo gabian, s’eri lo gabian,
S’eri lo gabian m’en anariáu.
S’eri lo gabian, s’eri lo gabian,
Sus la testa dei mechants, cagariáu.*

Si j’étais le gros gabian du bout du quai,
Je sortirais dans mon costard gris et blanc,
Aller draguer les mouettes aux yeux maquillés,
J’aurais déjà fait trente ou quarante enfants.
Si j’étais le gros gabian du bout du quai,
Je les quitterais au premier coup de vent,
Pour me consoler de toujours divorcer,
J’irais caguer sur la tête des méchants

S’eri lo gabian, s’eri lo gabian,
S’eri lo gabian m’en anariáu.
S’eri lo gabian, s’eri lo gabian,
Sus la testa dei mechants, cagariáu

Si j’étais le gros gabian du bout du quai,
Dans le ciel bleu je ferais mon tour de chant,
Je gonflerais tous les voisins du quartier,
Je m’en battrais les couilles totalement.
Si j’étais le gros gabian du bout du quai,
Je me ferais des cures de poissons volants,
Après la sieste j’aurais bien digéré,
J’irais caguer sur la tête des méchants

S’eri lo gabian, s’eri lo gabian,
S’eri lo gabian m’en anariáu.
S’eri lo gabian, s’eri lo gabian,
Sus la testa dei mechants, cagariáu.

Si j’étais le gros gabian du bout du quai,
Je plierais voile un beau jour tranquillement,
Ne laissant que des plumes à mes héritiers,
Et 200 grammes de tous petits os blancs
Si j’étais le gros gabian du bout du quai,
Je m’en irais au paradis des gabians,
Et s’il n’y a plus de méchant sur qui caguer,
Je caguerais dans la marmite à Satan

S’eri lo gabian, s’eri lo gabian,
S’eri lo gabian m’en anariáu.
S’eri lo gabian, s’eri lo gabian,
Sus la testa dei mechants, cagariáu

*Si j’étais le gabian
si j’étais le gabian je m’en irais
si j’étais le gabian
je vaguerais sur la tête des méchants

Bleu c’est bleu

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Bleu c’est bleu
croire encore aux jours heureux
rallumer les feux
les nourrir de petits jeux
contempler les cieux
applaudir les valeureux
apaiser les peureux
soulager les gueux
respecter les dieux
étreindre les amoureux
les jeunes et les vieux
se bisouter les yeux
et s’envoler deux par deux