Trois petits tours et puis revient (1) Sur la pointe des pieds…

CELLELÀ

 

J’ai dû hériter ça de Papa. Dès le saut du lit, je sifflote, je fredonne, chansonne, chantonne, scie, vibre, vocalise, dans ma barbiche blanche. Ça tourne en boucle dans ma tête, dans crâne, bouche, nez. J’en perds la voix aussi lorsque la gorge se noue. Ça m’arrive, oui.

Un mois que Papa est parti et voilà que ces mélodies se font plus présentes chaque jour. Même dans la nuit ces refrains s’installent. Ils tournent en moi encore davantage depuis les premières heures de ce tunnel de confinement. Parfois je sifflote aussi. Pas toujours juste mais qu’est-ce que ça fait du bien d’accueillir ces sons, de les lancer doucement dans l’espace de la chambre, du bureau, de la salle à manger, du balcon, sur le court chemin des courses vers le pain, le vin, la salade, les lentilles et le fromage.

Ces jours-ci, une envie est née au fond de moi. En douceur. Les partager ces sons. Pas les garder pour moi. Les faire sortir de leur confinement. Les lâcher en liberté. Oser le faire, oui. Sur la pointe des pieds. Et pardon pour les fausses notes, les rythmes à la six quatre deux, les tempos chaotiques. Sans doute un écho à nos quotidiens fragiles de confinés. Allez, la première mélodie nous ramène en hiver avec Franz Schubert. Je ne me lasse pas de ce voyage.

Trois petits tours et puis revient 1

Tant que ne prendra pas fin notre film noir, je viendrai ici chaque matin à 8H30, en catimini, pour partager ce qui rythme mes heures et me tient en éveil près de vous qui fredonnez, chansonnez, chantonnez sans doute aussi.

Am Brunnen vor dem Tor, par Olivia Gay

Et pour les Soundcloudistes