Sont passés où les cochons noirs ?

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Rien ne m’inspire davantage que ce que j’entends que ce qui surgit impromptu à mes oreilles et que j’écoute en prenant le temps l’automne filant et l’hiver approchant me revient en douceur le désir de ressortir l’enregistreur pour aller capter les sons des alentours pas pu graver le cri des grues avant-hier frustré volaient trop haut mais ces deux cochons noirs croisés au détour d’un chemin dans leur enclos ai gravé leurs grognements il m’ont approché de bon matin le groin humide et gourmand n’ai pas trop su quoi leur dire sinon que je les trouvais beaux dans leur habit soyeux puis m’en suis allé en pensant à leurs petits yeux curieux l’après-midi repassant devant leur champ ils avaient disparu les ai cherché ai guetté leurs pas et leurs voix mais non rien envolés ai soupiré en me souvenant des canards croisés l’hiver dernier non-loin d’ici et plus jamais retrouvés aujourd’hui sans doute hélas transformés en pâté ai campé un moment silencieux devant le grillage puis me suis rentré résolu à continuer au quotidien à avancer serein et décidé sur mon chemin végétarien.

Cochonneries

Cochons

Leurs tout petits yeux ronds me dévisagent
à peine deux pointes d’ombre sous le poil
pastilles noires semées parmi le beige pâle de la robe
les dérange peut-être
soufflent fort de leur groin rose
puis s’échappent au fond de l’enclos
la boue et l’odeur du lisier me rappellent mon grand-père
me passait des bottes en riant
– viens, n’aie pas peur, il me disait
m’accompagnait tout près d’eux
les caressait, leur tapotait la croupe
je n’osais pas
ôtions nos bottes le soir de retour des bêtes
– laissez vos cochonneries dehors, nous lançait Mémé
porcher il fut, Pépé
longtemps
il en perdit l’odorat
pour toujours.

Un petit cochon pendu au plafond – Comptine