Shanghai est une sieste

Peut-être ses nuits sont elles trop courtes ou perturbées par les pleurs d’un bébé
ou par les gémissements des amants qui se mêlent en secret de l’autre côté de la cloison de sa maison l’obscurité venue
peut-être s’est-il levé trop tôt pour aller s’approvisionner au grand marché de gros à l’autre bout de la ville
peut-être est-il las de voir les clients déserter sa boutique et ses morceaux de cadavres de volaille et lui préférer les étals de légumes frais
peut-être

il est deux heures de l’après-midi
le marchand de poulets s’adonne à sa sieste
il a baissé la casquette sur ses yeux qui depuis l’enfance en ont peut-être déjà bien trop vu.

Shanghai est un étalage

vendeusesrueShanghai

Elles apparaissent dès que cesse la pluie aussi imprévisibles que les gouttes qui les précèdent
sortent de je ne sais où s’installent en bord de trottoir et déballent leurs légumes radis blancs petits choux salades amères fèves carottes patates et autres merveilles
patientes elles attendent qu’un passant s’arrête ou qu’un vélomoteur stoppe net attiré par l’étalage
parfois réussissent placer une botte par ci un sachet par là
restent bredouilles parfois mais pas ce soir
pour quelques yuans ai acheté de belles salades et poignées de petites carottes
délicieuses furent sautées à l’ail.