Sur les feuilles comme au ciel

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Dire au revoir aux santons

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finir les chocolats

feuillesmortesetvertespoir

et repartir en forêt

marcher sur les feuilles

une halte sur le banc

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pour réécouter cette merveille

signée Marie Cosnay et Vincent Houdin

puis rentrer

colère et tristesse mêlées

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les yeux accrochés au ciel de janvier

En silence et profond jusqu’aux cieux

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Parti saluer les arbres
avec en tête
leur murmure magique raconté par Cendrine Robelin
l’autre jour sur France Culture
forêt de Brocéliande pour elle
forêt d’ici pour moi
moins dense
moins profonde
mais belle et recueillie aussi avec son bestiaire
silencieux tel un cimetière

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parlé au grand arbre-éléphant

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fait coucou au petit arbre-chouette

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souri à l’arbre-taureau

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les ai tous approchés
ai caressé leurs têtes moussues
leur ai demandé de me confier
leur vérité d’arbres coupés
privés par l’homme de majesté
réduits à l’état de souches abandonnées

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m’ont répondu que comme les humains
souffrent et crient et se plaignent parfois
que comme nous autres
meurent aussi parfois
et se retrouvent en tombe

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n’ai pas voulu les croire
je sais que jamais arbres ne meurent
sauf par le feu
et que sinon continuent de vivre
même trop tôt coupés dans leur élan
vivants sont depuis leurs racines
en silence et profond jusqu’aux cieux

Cache-cache

Achever le décompte
puis
dans la forêt offerte
se lancer aux trousses
d’un autre soi-même
d’un soi-même d’autrefois
quand il pleuvotait des frissons
à fleur de sang
au cœur du ventre

puis
tomber nez à nez
avec la vie qui fut
repartir en quête de présage
d’un doux effroi encore possible
d’un dévoilement soudain
d’un mystère à éclaircir

puis
parmi les violettes et les feuilles mortes
pas à pas
retrouver la voix des arbres
cette voix qui siffle en silence
la fin du jeu

Hé hé !

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Arpenté les sentiers mouillés
aspergés de clarté
humé l’herbe humide des prés
dans l’attente d’une trouée
fugace et dorée
flocons de merisier par milliers
sur le seuil vallonné de la forêt
jeunes bouleaux en retrait
graciles, timides, élancés
teintes de vert à volonté
nuages d’averse disséminés
bientôt le soleil de mai
hé hé !

Écorce

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Tant d’écrits secrets
vieux bouleau blanc des forêts
sur ton écorce

Poser le sac à tes pieds
t’embrasser
joue contre peau
caresse de plumes
guetter le coucou gris
songer à rentrer

Soudain, une cascade

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Avancer parmi les mélèzes et les pins à crochets
le souffle ample
le pas accroché au sentier
les sens aux aguets
longtemps cheminer vers le cœur de la forêt
dans le silence à peine rayé par le clac clac du bâton
jusqu’à ce murmure soudain
crescendo
la voix sûre d’une cascade
tombée d’entre le ciel et les roches
résister à l’appel de la baignade
trop glacé l’air de l’hiver
trop d’épaisseurs à ôter
alors, remplir la gourde
saluer la dame
puis repartir embrasser les bouleaux en contrebas