Les poireaux et les pioupious

poireaux

Poireaux
poireaux
lire aux prairies
puiser les eaux
replier les pipeaux
serrer les roseaux
pousser le sureau
repasser les pailles
exiler la poix
saper les appeaux
appeler les oiseaux
parler aux poules
puis riper
partir piller les rois
liasser les ripailleurs
plier leurs axes
piler les pires preux
lisser le luxe
parer les rixes
passer la lie
saler les rassis
laper les plaies
puis le soir
lueur
espoir
puiser les ors roux
peler les poires au sirop
peu repus
se relaxer
perles
se plaire
se lisser la peau
laisser les saxos rire
priser la paix pour les pioupious
prier

Si j’étais un oiseau

Déniché cette merveille hier sur Twitter

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Ces murmurations des étourneaux m’ont captivé un long moment me suis repassé en boucle ces images tournées par la cinéaste Jan Van Ijken puis ai écrit ces menus vers histoire de rester le plus léger possible pour qui sait apprendre un jour à m’envoler moi aussi

Si j’étais un oiseau
serais un étourneau
je danserais là-haut
avec tous mes potos
il ne ferait pas chaud
mais juste ce qu’il faut
nous partirions très tôt
entourés de bravos
comme un joli cadeau
offert par les badauds

Photo de ci-haut @CulturaInquieta

 

S’il te plaît

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Ne me dis pas que ce fut un mirage non raconte-moi plutôt quels oiseaux chantaient là juste à côté de toi lorsque apparut cette merveille oui vas-y dis-moi leur plumage la taille de leur bec la grâce de leurs ailes dépeins-moi le dessin des écorces les nervures des feuilles la trame des rameaux d’où se lançaient leurs voix décris-moi s’il te plaît les secondes offertes à la peine du ciel lorsque tu pris ton envol vers là-bas.

Les grues sauvages

Presque invisibles
elles transpercent le ciel
les grues sauvages

Hirondelles des matins clairs

hirondelles

Jamais ne vous arrêtez
joyeuses hirondelles
le tournis toujours me donnez
à tire d’ailes

j’entends là-haut vos tout petits
les becs offerts
criez criez donc les chéris
un jour aussi fendrez l’air

prisonnier de la pesanteur
je vous envie
jamais ne vivrai le bonheur
de frôler vos nids

hirondelles des matins clairs
jamais ne cessez de voler
que monte vers vous ma prière
pour l’éternité

Jacques a rejoint les oiseaux

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Tu t’es envolé –
mon Jacques,
rejoindre ces oiseaux que tu aimais tant

 

De passage

Et toujours la lune
pour continuer de croire
à la force des rêves

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et toujours les oiseaux
pour me rappeler
que sommes de passage

L’amoureux des perroquets

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Enfant, ses amis l’appelaient Jean-des-oiseaux
toujours entouré d’oiseaux il était
une vraie volière, sa maison
aujourd’hui, Jean-Michel-perroquet lui irait très bien
très bavard le Monsieur
et surtout amoureux des huit spécimen qu’il côtoie
de sa salle à manger à sa véranda
de sa cuisine à son jardin
parmi eux, Charlie, un perroquet amazone à front bleu

 

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Voyageuses

Fendent l’air en triangle
les grues cendrées
de retour vers le nord
parfois font demi-tour
puis repartent à l’endroit
ivres sans doute de tant d’oxygène
de tant de caresses aux nuages
les salue et les envie, ces voyageuses
frileuses et courageuses
côtoient les vents et les courants
ne redoutent que les aigles
épousent les saisons

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Migrateur

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Puisqu’il faut rentrer
redescendre de la montagne
retourner sur le sol d’avant
non-pas cheminer à reculons
non
se placer dans l’autre sens
revenir dans les contrées laissées en friche
redessiner les contours effacés
laisser le ciel peser sur les silences et les cris d’ici

puisque l’heure sonne d’un nouvel abandon
chaque fois il le faut
oui
abandonner encore
toujours pareil
c’est
enfouir à nouveau le lien ténu avec la neige et la glace
gommer l’éclat des roches
rayer l’alphabet des écorces
écrire cette lumière et repartir

puisqu’il faut oser l’au-revoir
tourner le dos
quitter
couper
perdre

s’en remettre à présent aux calligrammes des migrateurs
redécouvrir leur grâce au-dessus des branches frêles
goûter les traces laissées aux pieds, aux doigts, au corps tout entier
puis, savoir se fondre dans les rêves de départ

Der Wanderer – Franz Schubert – chant : Dieter Fischer-Diskau – piano : Gerald Moore