Shanghai est un tattoo partout

JiaJia

Comme un tattoo sur la peau de la ville partout avalanche de caractères de toutes tailles géants s’affichent sur façades projetés sur buildings masse immense devantures journaux taxis dazibaos métro tu t’y noies mais gardes la tête hors du flot mots images te fascinent te happent tombes sous le charme dans la ville sans fin marquée à l’encre rouge noire blanche or élargie repoussée vers sa périphérie ses bords jamais ne peux les toucher tant ils s’éloignent de toi au fur et à mesure que tu marches circules même lorsque tu crois arriver au bout de la ville elle te rappelle illico que sa fin sa limite sa pause c’est pas demain la veille et ces tattoos partout te repères quand même un peu depuis le temps c’est mince comme balise mais tu as l’impression d’être un peu d’ici maintenant de toutes façons un peu Chinois tu dois être à force de caresser comme un buvard ce qui s’y écrit et dit par exemple dans l’ancienne Concession française tu retournes voir JiaJia ta tatoueuse voyageuse descendue depuis son Nord natal tenter sa chance ici tellement heureux Papet du Bouddha gravé de ses mains sur ta peau l’an passé pas beaucoup changé la demoiselle à peine un peu de calme en plus et d’innocence en moins sur le visage vingt-trois ans seulement posée comme une éternelle élève devant sa frise appliquée et sereine tu lui parles de ton désir de poursuivre sur le chemin entamé elle te suit de ses yeux timides le chemin choisi elle connaît tes bras ses bras comme tableau cahier carnet parchemin stèle à ciel ouvert l’an prochain sera partie étudier au Japon l’artiste sans cesse apprendre elle t’a dit découvrir de nouveaux styles de nouvelles techniques voies inconnues à emprunter nouvelles connections avec cet art calligraphie sur les peaux rêves tourments noms mots personnages symboles à dessiner puis inscrire profond à l’encre au creux des corps et des âmes un peu plus de deux mois et JiaJia quitte Shanghai alors une heure de plus nous tiendra éloignés sept heures de décalage puis huit jusqu’au retour de l’heure d’été autant dire une éternité.

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