Pauvres fantômes

Sonatine

Je les avais pourtant prévenus le clavecin est piégé n’y touchez pas mais si têtus ils sont les fantômes surtout lorsque leur désir de revanche sur les riches leur mange le cœur ils ne m’ont pas écouté les ai vus entrer dans le salon désert sentait l’amour le parfum de femme et le tabac hollandais leurs éclats de rire obscènes me claquent encore aux oreilles suis resté dehors en embuscade ai aperçu le plus vieux s’approcher de l’instrument avec une hache à la main il ne l’a pas actionnée non il a regardé ses deux acolytes en tirant la langue et au ralenti a avancé son poing vers le blanc des touches déplié ses doigts puis tenté une note avec son index et là le clavecin a craché des torrents de cailloux de poussière un tourbillon géant a pris d’assaut l’espace et les fantômes ont disparu sous les gravats dans un silence de mort.

Photo de ci-haut @RomainVeillon

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s