Sons des jours d’avant

Il y aura bientôt 73 ans, le 23 janvier 1943 à Marseille, l’armée allemande et la police de Vichy dirigée par René Bousquet menèrent une vaste rafle dans les quartiers du centre-ville : l’Opéra, le Panier et le Vieux Port. Des milliers de personnes, dont 250 familles juives furent arrachées de leur logement. 1.642 hommes, femmes et enfants furent déportés vers le camp de Sobibor. Il suffit de regarder cette photo pour imaginer le bruit des talons sur le pavé, la voix des soldats, le claquement des portes des wagons et le sinistre cri de la locomotive conduisant tous ces malheureux vers l’horreur absolue des camps de la mort.

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Quelques jours après cette rafle, le 1er février 43, les nazis firent procéder à la destruction du quartier du Panier, qualifié de « chancre de l’Europe » et de « repère de toute une pègre internationale ». Voici comment le JT de l’époque, France Actualités, osait raconter cet évènement, sur 56 petites secondes…

Vous pouvez retrouver ce document en images sur le site de l’Institut National de l’Audiovisuel.  La Fondation pour la mémoire de la Shoah et le Mémorial de la Shoah œuvrent pour transmettre cette mémoire, notamment auprès des jeunes.

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Écouté Philippe Pujol parler des quartiers Nord de Marseille ce vendredi soir sur Canal + . Honnête, digne, sensible face à Yann Barthès. Pas une once de cliché sur notre ville. Fierté. À la fin de l’interview, j’ai repensé à Jean-Claude Izzo. Un ancien du journal La Marseillaise lui aussi. Izzo, le créateur de Fabio Montale, le flic romantique et tourmenté de Total Khéops, Chourmo et Soléa, l’auteur entre autres des Marins Perdus et du Soleil des mourants. Je sais que si j’écris, il y est pour beaucoup. Il m’a donné confiance. M’a répété fonce, fonce, écris, lorsque je doutais. Je me dis que peut-être, Philippe Pujol lui doit aussi un peu (beaucoup ?)  Alors, réécoutons la voix d’Izzo, écrivain et poète, dans l’émission que France Culture lui avait consacrée en 2007.  Jean-Claude Izzo y parle peu mais il parle … du bonheur

Autre pépite émouvante extraite de cette émission : Izzo évoque son travail d’écrivain

Jean-Claude Izzo était aussi parolier de chansons. Ecoutez celle-ci, Nighthawks de Jean-Guy Coulange, inspirée du fameux tableau d’Edward Hopper

Seize ans après sa disparition, Jean-Claude Izzo conserve une dimension mythique. Ses aficionados qui viennent à Marseille se rendent sur les lieux où vivent ses romans et leurs personnages. C’est un sillon de lumière profond qu’il a creusé à travers ses romans et ses poèmes. Un sillon dans  lequel d’autres auteurs ont pu semer leurs graines pour raconter Marseille, les Marseillais, leurs galères, leurs espoirs et leurs bonheurs.

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La mer à Malmousque, Marseille

Fermez les yeux ! La mer est là, juste à côté. Vous êtes à Malmousque, avec vue sur les îles d’Endoume.

Marseille, Porte du Sud

 » Allez à Marseille. Marseille vous répondra.
Cette ville est une leçon. L’indifférence coupable des contemporains ne la désarme pas. Attentive, elle écoute la voix du vaste monde et, forte de son expérience, elle engage, en notre nom, la conversation avec la terre entière.
Un oriflamme claquant au vent sur l’infini de l’horizon, voilà Marseille.
Elle double son port d’un arrière-port. Ses Compagnies de navigation lancent chaque année des paquebots plus beaux que des châteaux.
Les autres grandes nations font cependant davantage. Aidons Marseille dans sa montée. Toute l’Italie est derrière Gênes pour le pousser. La France ne connaît de Marseille que Marius et le mistral… »

Albert Londres (1884 – 1932)

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Sur le Vieux-Port de Marseille, on trouve du poisson, des coquillages et L’oeil de Sainte-Lucie.

L’oeil de Sainte-Lucie est l’opercule d’un « biou », une sorte de bigorneau dont la coquille est ronde, d’où le nom que lui donnent les pêcheurs de Méditerranée. En nacre orangée, cet opercule est conservé comme porte-bonheur, glissé dans un porte-monnaie, une tirelire ou un tiroir-caisse. Il peut aussi être serti et porté comme bijou protecteur qui éloigne le « mauvais oeil ».

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Il y a trois ans jour pour jour, j’ouvrais la première page de mon blog Sons de chaque jour. Depuis un peu plus de neuf mois, je l’ai mis en jachère. Jusqu’à quand ? Ne sais. Le revisite ces temps-ci, le redécouvre. Me donne envie de vous faire partager sur cette page quelques billets sonores des jours d’avant.

Le premier nous emmène à Shanghai. Auprès d’un rossignol du matin. Le tout premier son publié le 11 janvier 2013.

« Les nuits suivantes, quand le rossignol se remettait à chanter, le pêcheur redisait à chaque fois: « Mon Dieu ! Comme c’est beau !  » Des voyageurs de tous les pays venaient dans la ville de l’empereur et s’émerveillaient devant le château et son jardin; mais lorsqu’ils finissaient par entendre le Rossignol, ils disaient tous : « Voilà ce qui est le plus beau ! » Lorsqu’ils revenaient chez eux, les voyageurs racontaient ce qu’ils avaient vu et les érudits écrivaient beaucoup de livres à propos de la ville, du château et du jardin. Mais ils n’oubliaient pas le rossignol : il recevait les plus belles louanges et ceux qui étaient poètes réservaient leurs plus beaux vers pour ce rossignol qui vivaient dans la forêt, tout près de la mer. »

Le Rossignol et l’Empereur, conte d’Andersen