Sons des jours d’avant

Je désire redonner vie sur cette page à sonsdechaquejour.com mon blog mis en jachère depuis un bon bout de temps. Désir de partager ici mes billets sonores des jours d’avant.

Les appels de l’Abbé Pierre (billet du 22/01/03

Ce midi, en m’adonnant comme chaque jour à ma petite séance Twitter, je me suis arrêté sur un tweet  renvoyant à l’article du jour publié par Guy Birenbaum sur le site huffingtonpost.fr. J’ai lu puis relu cet article et au delà des sentiments de honte et de découragement partagés avec Guy Birenbaum, j’ai eu envie d’entendre  – de réentendre – la voix de l’Abbé Pierre – disparu donc il y a 6 ans jour pour jour – lançant sur Radio Luxembourg le 1er février 1954, au beau milieu de l’hiver, son appel à la « l’insurrection de la bonté » comme l’écrivirent certains journaux de l’époque. En voici un extrait

40 ans plus tard, 5 millions de Français – parmi 40 millions d’Européens – étaient mal logés. 4 décennies plus tard donc, pour tenter à nouveau de secouer notre bonne vieille démocratie civilisée, cafie (« pleine » en marseillais) de bons sentiments, de grandes déclarations d’intention et de belles promesses – et tour à tour gaullienne, pompidollienne, giscardienne et mitterrandienne – L’Abbé Pierre lançait un nouvel appel, sur RTL…

Aujourd’hui, 59 ans après le 1er appel de l’Abbé Pierre, la France compterait 200.000 personnes sans abri et 8 millions 600.000 en dessous du seuil de pauvreté.

A Marseille, une enquête vient d’être ouverte pour rechercher les causes de la mort d’un homme de 46 ans sans domicile fixe, samedi dans une unité d’hébergement d’urgence de la ville. Au quotidien, de nombreuses associations humanitaires viennent en aide concrètement aux personnes en grande difficulté. Le Collectif Les Morts de la Rue honore les SDF disparus et mène des actions pour dénoncer les causes souvent violentes des morts de la rue, pour qu’ils aient droit à des funérailles dignes de la personne humaine et pour accompagner les personnes en deuil, sans distinction sociale, raciale, politique ni religieuse.

Ô sole mio, Pavarotti et Guégiguian

Pour faire entrer la lumière les jours maussades, comme ce dimanche pluvieux et tristounet, je fais souvent appel à Luciano Pavarotti, le maestro italien natif de Modène. L’un de mes airs préférés est un classique parmi les classiques,  » Ô Sole Mio « , chanson napolitaine écrite à la fin du 19ème siècle par le poète Giovanni Capurro. La voici interprétée en 1987 par le ténor des ténors dans le mythique Madison Square Garden  de New York, accompagné par le New Jersey Symphony Orchestra, sous la direction d’Emerson Buckley.

Souvenez-vous,  » Ô Sole Mio  » accompagne aussi certaines séquences de Marius et Jeannette, le film du marseillais Robert Guédiguian sorti en 1997.
Là-aussi, chef d’oeuvre !

L’akara des écoliers sénégalais

Les écoliers s’apprêtent à se régaler, dans cette école de Mbour, à 80 kilomètres au sud de Dakar, la capitale du Sénégal. Il est 11 heures. Dans la cour, sur de grandes tables, on va leur préparer des sandwiches d’Akara. Le pain est tartiné avec un mélange d’omelette et d’haricots écrasés. Souvent, ces enfants sont partis de chez eux le matin le ventre vide. Chantal, reporter de sonsdechaquejour.com en Afrique, a enregistré ceci

Une pièce de 200 francs cfa (30 centimes d’euro), c’est ce que coûte ce sandwich aux familles de ces enfants.
Selon la Croix Rouge Sénégalaise, 6 régions du pays sur 14 sont touchées par la famine.
Infos Sénégal :
Vous initier au wolof, la langue la plus parlée au Sénégal.
En bonus, Le Guide du Routard et le site du très dynamique Complexe Privé de Formation Professionnelle : (informatique, restauration-hôtellerie, comptabilité-gestion et bâtiment

L’éléphant en danger

J’ai signé la pétition internationale lancée par le WWF – le Fonds mondial pour la vie sauvage, initialement World Wildlife Fund – pour dénoncer le massacre des éléphants d’Afrique, qui alimente le commerce de l’ivoire en Thaïlande. L’objectif est simple : rassembler le plus grand nombre de signatures possibles pour que le gouvernement thaïlandais interdise tout commerce d’ivoire dans son pays.J’ai répondu présent d’autant plus facilement à la sollicitation du WWF que l’éléphant est depuis tout petit mon animal préféré. Au parc zoologique du jardin Longchamp à Marseille, mon père m’avait un jour juché jusque dans la gueule grande ouverte d’un éléphant empaillé. Souvenir unique, teinté d’un léger effroi tout de même, mais merveilleux. Pourtant, l’animal ne hurlait pas sa colère, contrairement à ses descendants d’aujourd’hui

Pour que les éléphants d’Afrique continuent de vivre vieux et de faire briller les yeux des enfants, je vous invite à signer vous aussi cette pétition

*la photo qui illustre le son de l’éléphant est signée Michael Nichols / National Geographic 

Mon vier met le oaï ! (billet 18/01/03)

C’est l’hymne officieux de Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture : « Algarade 2013 « , interprété par Mr Jack et Garage, deux membres du groupe aixois Mon Vier. La chanson y va de bon coeur ! Nos deux showmen envoient les pieds sur la politique culturelle à Marseille depuis un demi-siècle, pas moins ! En fait, ce titre reggae aïoli délibérément humoristique dénonce la mise à l’écart d’une partie de la population de Marseille – rien ou pas grand chose dans la programmation officielle pour les quartiers notamment populaires, c’est vrai – et d’une partie des acteurs musicaux et culturels de la ville. Par exemple, ce qui leur hérisse le poil, c’est que MP2013 ait programmé David Guetta cet été, mais ni IAM, ni Massilia Sound System ou encore Moussu T e lei Jovents par exemple. Pour Mon Vier  – je veux dire pour le duo de chanteurs – MP2013 se résume à une opération touristico-immobilière coupée du vivier d’ici. Alors, ils se moquent, ils balarguent, ils se lâchent et ça donne ça
De cette chanson, Mon Vier a fait un clip  diffusé sur le net. “L’idée c’est d’affirmer qu’il y a une alternative à la situation actuelle, soulignent Mr JacketGarage. Mais surtout, de dire que de cette situation, il vaut mieux vaut en rire qu’en pleurer ! ”.
Bon, au fait, Vier, ça veut dire quoi ? Les Marseillais connaissent ce mot bien sûr, mais les autres, les estrangers ?
La définition, l’historien et Académicien de Marseille Pierre Echinard vous la donne dans son Dictionnaire du marseillais, en reconnaissant tout d’abord que le Marseillais, les gros mots, il aime !
Et parmi les mots grossiers qui fleurissent dans la bouche des Marseillais, il y a aussi pachole et donc mon vier !

MP2013 # 4 La voix d’Izzo (billet publié le 16/01/03 sur mon http://www.sonsdechaquejour.com )

Cela m’attriste, MP 2013 n’a accordé aucune place à Jean-Claude Izzo, disparu en 2000, le créateur de Fabio Montale, le flic romantique et tourmenté de Total Khéops, Chourmo et Soléa, l’auteur entre autres des Marins Perdus et du Soleil des mourants. Mis à part dans la voix de certains tchatcheurs du BabilHome, Izzo est absent de la programmation,  désespérément absent. Heureusement, France Culture a de la mémoire. La station n’a pas oublié l’écrivain et poète marseillais et a rediffusé l’émission qu’elle lui avait consacrée en 2007.  Jean-Claude Izzo y parle peu mais il parle… du bonheur

Autre pépite émouvante extraite de cette émission : Izzo évoque son travail d’écrivain

Jean-Claude Izzo était aussi parolier de chansons. Ecoutez celle-ci, Nighthawks de Jean-Guy Coulange, inspirée du fameux tableau d’Edward Hopper

Treize ans après sa disparition, Jean-Claude Izzo conserve une dimension mythique. Ses aficionados qui viennent à Marseille se rendent sur les lieux où vivent ses romans et leurs personnages. C’est un sillon de lumière profond qu’il a creusé à travers ses romans et ses poèmes. Un sillon dans  lequel d’autres auteurs ont pu semer leurs graines pour raconter Marseille, les Marseillais, leurs galères, leurs espoirs et leurs bonheurs.

MP2013 # 3 Calypso Parade, SDF et BabilHome

Samedi-soir, après la Grande Clameur et le feu d’artifice, j’ai décidé de changer de décor et d’aller découvrir quelques spectacles de rue offerts aux Marseillais dans le centre-ville. En improvisant mon parcours, sans programme en main, comme ça, à l’intuition, je me suis frayé un passage Rue Colbert,  jusqu’au Kaïso Kamion de l’orchestre déambulatoire Calypso Parade, installé juste en face de la Poste.

Spectacle emballant, muy caliente, sourires et légèreté dans la nuit marseillaise, partagés un peu plus haut à l’écart Rue Sainte-Barbe, par ce Sans Abri allongé sur son couchage de fortune.

Un peu plus tard, mes pas m’ont guidé vers les clameurs de Canebière. Parvenu au croisement du Cours Belsunce et du Cours Saint-Louis, j’ai entendu ça en levant la tête vers 4 méga écrans où défilaient moulte visages. C’était BabilHome, de la tchatche de Marseillais sur leur ville, notre ville, son visage, son devenir, mais pas seulement.

MP2013 #2 Le feu d’artifice

Il restera mémorable ce feu d’artifice inaugural de Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture. Une foule immense et multicolore l’a savouré. Je m’étais installé juste en face de l’endroit où les bateaux quittent le Vieux Port pour prendre le large, entre trois dames joyeuses et bavardes et Maxime, un jeune élève de l’école de cinéma d’Aubagne venu, comme moi, « faire du son ». Nous nous sommes tous régalés.

Le Sans Abri de la Rue SainteUn peu plus tard, mes pas m’ont guidé vers les clameurs de Canebière. Parvenu au croisement du Cours Belsunce et du Cours Saint-Louis, j’ai entendu ça en levant la tête vers 4 méga écrans où défilaient moulte visages. C’était BabilHome, de la tchatche de Marseillais sur leur ville, notre ville, son visage, son devenir, mais pas seulement.

MP2013 #1 La grande et la petite clameur

Marseille capitale européenne de la culture 2013
Les trois coups de l’évènement ont fait beaucoup de bruit dans le centre-ville de Marseille, mais pas ou très peu dans les quartiers.

La Grande Clameur
Tout au long des quais du Vieux Port puis sur l’esplanade de la Tourette où je me suis installé, en dessous de l’Eglise Saint-Laurent, j’ai côtoyé une multitude de gens enthousiastes, heureux d’être de cette fête-là et d’abord de partager La Grande Clameur inaugurale.

La petite clameur
Quelques heures avant l’ouverture de la fête, les salariés de Virgin Megastore Marseille ont fait entendre leur voix sur le Vieux-Port, non-loin de la mairie.
Leur enseigne a déposé le bilan, ils s’inquiètent pour leur avenir.

Le tribunal de commerce de Paris examine ce lundi 14 janvier le dossier de cessation de paiement.
Il pourrait placer Virgin en redressement judiciaire ou prononcer la liquidation de l’entreprise.

La radio en voiture : Philippe Caubère

A la veille du lancement de Marseille Provence 2013 Capitale européenne de la culture, Philippe Caubère était l’invité de @franceculture ce vendredi-soir. L’acteur et metteur en scène marseillais a évoqué sa ville natale, à travers Marsiho, le roman d’André Suarès, autre Marseillais, qu’il interprète en ce moment au Passage Molière, à Paris.
Vous aurez droit aussi à un florilège de moments théâtraux de Caubère, mixé par la réalisatrice de l’émission « Le Rendez-vous », animée par Laurent Goumarre.

 Le petit avion

Un petit avion survole notre promenade sur les hauteurs de Bauduen.
D’ordinaire, l’intrusion de bruits mécaniques en pleine nature est agressive, dérangeante, parfois insupportable.
Là, non.
Le petit avion nous fait dresser le nez vers le ciel et les oiseaux retrouvent la voix une fois qu’il s’est évanoui au loin.

L’avion (extrait)

« … L’avion ! L’avion ! qu’il monte dans les airs
Qu’il plane sur les monts, qu’il traverse les mers
Qu’il aille regarder le soleil comme Icare
Et que plus loin encore un avion s’égare
Et trace dans l’éther un éternel sillon
Mais gardons lui le nom suave d’avion
Car du magique mot les cinq lettres habiles
Eurent cette vertu d’ouvrir les ciels mobiles. »

Français, qu’avez-vous fait d’Ader l’aérien ?
Il lui restait un mot, il n’en reste plus rien. »

Guillaume Apollinaire

Le Muezzin de Ndianda

Cinq fois par jour, les habitants de Ndianda* vivent au rythme de ce muezzin qui fait l’appel à la prière pour les musulmans du village, du haut du minaret de la mosquée..
Je ne suis pas musulman mais lors de mes séjours au Sénégal, j’ai toujours été bouleversé par ce chant qui surgit très tôt le matin dans les villes et les villages.
Pays musulman à 95%, le Sénégal est un modèle de bonne entente entre les différentes communautés religieuses.
Dans la même famille, il arrive que vivent ensemble des chrétiens et des musulmans.
Les catholiques sont même souvent invités par leur amis musulmans à la fin du Ramadan pour partager le repas de fête.

Le village de Ndianda* se situe à 7km de Joal – petite ville côtière au sud de Dakar, où naquit Léopold Sédar Senghor, le premier Président de la République du Sénégal – dans le département de Mbour.
C’est à Ndianda qu’est né l’ancien Président de la Communauté Rurale de Nguénienne, Magueye Ndao.

L’escouranche

Depuis toujours à Bauduen, une pierre glissante nommée escouranche attire enfants et amoureux*.
Cet après-midi-là, mon petit-fils Alexandre et mon fils Marius s’en sont donné à cœur joie.

Intégré dans le Parc Naturel Régional du Verdon, le village de Bauduen est situé au pied d’un « baou », « grotte » ou « rocher escarpé » en provençal.

*La légende veut qu’à Bauduen, si un garçon et une fille glissent la main dans la main sur l’escouranche, ils se marieront ensemble.

Les danseurs du parc ChangFeng

En me promenant dans l’immense parc ChangFeng de Shanghai, j’ai croisé un couple de danseurs de latino.

Dès qu’ils ont un peu de temps libre, ils s’y retrouvent, installent leur lecteur de CD et

s’adonnent à leur passion.

Ce goût prononcé pour les danses latino-américaines est palpable depuis quelques années dans les grandes villes chinoises.

Marcher avec Marius

Sur les chemins offerts par le parc de la Campagne Pastré, nous avons partagé une belle promenade, mon fils Marius et moi, parmi les pins et le long du canal de Marseille.

 » Marcher, c‘est aller au bout de soi-même tout en allant au bout du monde.

C’est redécouvrir l’homme qui prenait ses jambes à son cou lorsque le ciel lui tombait sur la tête.

C’est geler en même temps que les pierres du chemin.

Griller au feu du soleil.

Partir à l’aube en pleine forme pour revenir sur les genoux en pleine nuit.

Marcher, c’est rencontrer des créatures qu’on ne verrait nulle part ailleurs.

Marcher, c’est aussi aller nulle part sans rencontrer personne.

C’est se mettre en vacances de l’existence.

C’est exister en dehors des vacances.

Marcher, c’est réussir à dépasser son ombre.

C’est pouvoir se doubler soi-même en s’envoyant un gentil salut au passage.

 Marcher, c’est caresser le sol, le flatter, l’amadouer.

Une manière de se mettre la terre dans la poche avant qu’elle ne se referme à jamais.

 Marcher, c’est être dans le secret des dieux.

C’est écouter à leurs oreilles et entendre avec eux des bruissements, des murmures qu’on croyait éteints.

 Marcher, c’est se mêler à la conversation des arbres, aux commérages des oiseaux, aux persiflages des reptiles.

C’est se fondre dans la nature, se couler au fond du moule.

 Marcher, est-ce que cela ne serait pas, en définitive, tourner avec ses pieds, au pas à pas, page après page, le grand livre de la vie ? ».

Extrait de « Fou de la marche » de Jacques Lanzmann

La fontaine

J’habite à deux pas de cette fontaine.

J’ignore où elle prend naissance.

Nuit et jour elle est vivace, même en été lors des grosses chaleurs.

A la claire fontaine

À la claire fontaine m’en allant promener
J’ai trouvé l’eau si belle que je m’y suis baigné.*
Sous les feuilles d’un chêne, je me suis fait sécher.
Sur la plus haute branche, un rossignol chantait.*
Chante, rossignol, chante, toi qui as le cœur gai.
Tu as le cœur à rire… moi je l’ai à pleurer.*
J’ai perdu mon amie sans l’avoir mérité,
Pour un bouton de rose que je lui refusai…*
Je voudrais que la rose fût encore au rosier,
Et moi et ma maîtresse dans les mêmes amitiés.*

*Il y a longtemps que je t’aime

Jamais je ne t’oublierai

Chanson populaire traditionnelle

L’enfant chanteur

Mes deux petits-fils sont souvent d’humeur joyeuse.

Juché sur mes épaules, Clément – le plus jeune – a poussé la chansonnette avec jubilation lors de la promenade cet après-midi.

Son répertoire est attendrissant.

Une chanson enfantine est une composition chantée qui est propre à l’enfance, qui rappelle l’enfant par son innocence et sa naïveté, qui est préparée à l’intention d’enfants ou, d’une production simple, qui est à la portée d’un enfant. De caractère populaire, d’inspiration sentimentale ou satirique, elle est divisée en couplets souvent séparés d’un refrain. Pouvant être pédagogique ou destinée au jeu (comptine), elle accompagne aussi la danse ou le divertissement (ronde), elle peut juste raconter une histoire (ballade) ou aider à l’endormissement (berceuse). Indispensable dans l’acquisition du langage, elle est le premier plaisir musical ressenti par l’homme dans son évolution. (Source Wikipédia)

L’araignée Gipsy

L’araignée Gipsy

Monte à la gouttière

Tiens voilà la pluie !
Gipsy tombe par terre
Mais le soleil a chassé la pluie
L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière…

Les cloches

Le son des cloches me captive toujours, qu’il soit solennel pour l’appel à la messe, joyeux après les cérémonies de baptême ou de mariage, ou bien mélancolique les jours de tocsin…

Les cloches (Alcools)

Mon beau tzigane mon amant

Écoute les cloches qui sonnent

Nous nous aimions éperdument

Croyant n’être vus de personne

Mais nous étions bien mal cachés

Toutes les cloches à la ronde

Nous ont vus du haut des clochers

Et le disent à tout le monde

Demain Cyprien et Henri

Marie Ursule et Catherine

La boulangère et son mari

Et puis Gertrude ma cousine

Souriront quand je passerai

Je ne saurai plus où me mettre

Tu seras loin Je pleurerai

J’en mourrai peut-être

 Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)

La danse du Faux-Lion du Sénégal

La danse du Faux Lion – Simb en wolof, la langue la plus parlée au Sénégal – est organisée dans toutes les régions du pays, à certaines grandes occasions comme la fête de l’indépendance ou la fête de la jeunesse ainsi que lors des grandes vacances par exemple.

A l’origine, le Faux-Lion est un rite de possession qui remonte à l’époque où le Sénégal était couvert de forêts peuplées d’animaux sauvages. La légende veut que le chasseur qui survivait à une attaque de lion devenait une personne étrange qui perdait la tête. Pour le soigner, les guérisseurs procédaient alors à des rituels de « possession ». Aujourd’hui, le jeu du Faux Lion est une animation de rue très populaire au pays de la Téranga.

Prière aux masques

Recueil : « Chants d’ombre »

Masques! Ô Masques!
Masques noirs masques rouges, vous masques blanc-et-noir
Masques aux quatre points d’où souffle l’Esprit
Je vous salue dans le silence!
Et pas toi le dernier, Ancêtre à tête de lion.
Vous gardez ce lieu forclos à tout rire de femme, à tout sourire qui se fane
Vous distillez cet air d’éternité où je respire l’air de mes Pères.
Masques aux visages sans masque, dépouillés de toute fossette comme de toute ride
Qui avez composé ce portrait, ce visage mien penché sur l’autel de papier blanc
A votre image, écoutez-moi!
Voici que meurt l’Afrique des empires – c’est l’agonie d’une princesse pitoyable
Et aussi l’Europe à qui nous sommes liés par le nombril.
Fixez vos yeux immuables sur vos enfants que l’on commande
Qui donnent leur vie comme le pauvre son dernier vêtement.
Que nous répondions présents à la renaissance du Monde
Ainsi le levain qui est nécessaire à la farine blanche.
Car qui apprendrait le rythme au monde défunt des machines et des canons?
Qui pousserait le cri de joie pour réveiller morts et orphelins à l’aurore?
Dites, qui rendrait la mémoire de vie à l’homme aux espoirs éventrés?
Ils nous disent les hommes du coton du café de l’huile
Ils nous disent les hommes de la mort.
Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds
reprennent vigueur en frappant le sol dur.

Léopold Sédar SENGHOR (1906 – 2001)

 

Le marché de Salies s’installe

Chaque jeudi à Salies-de-Béarn au petit matin, la place du Bayaa accueille les commerçants du marché.

Chacun monte son étal, déballe ses cageots, installe ses produits.

Les premiers acheteurs ne tarderont pas à arriver.

Un Jurançon 93
Aux couleurs du maïs,
Et ma mie, et l’air du pays :
Que mon coeur était aise.

Ah, les vignes de Jurançon,
Se sont-elles fanées,
Comme ont fait mes belles années,
Et mon bel échanson ?

Dessous les tonnelles fleuries
Ne reviendrez-vous point
A l’heure où Pau blanchit au loin
Par-delà les prairies ?

Paul-Jean Toulet

Poète béarnais (1867-1920)

L’arrivée du train électrique

A chaque fois qu’un train entre en gare, je me remémore mon tout premier face à face avec une locomotive fumante et sifflante, prête à partir, en bout de quai, gare Saint-Charles à Marseille. J’étais petit – 5 ans peut-être – à la fois effrayé et émerveillé. Au fil du temps, les machines ont perdu de leur beauté mais leur musique est toujours aussi fascinante.

« Il faut beaucoup d’efforts pour ne pas se figurer que le cheval de fer est une bête véritable. On l’entend souffler au repos, se lamenter au départ, japper en route; il sue, il tremble, il siffle, il hennit, il se ralentit, il s’emporte »… « D’énormes raquettes d’étincelles jaillissent à tout moment de ses roues ou de ses pieds, comme tu voudras, et son haleine s’en va sur vos têtes en beaux nuages de fumée blanche qui se déchirent aux arbres de la route. »

Victor Hugo (1802 – 1885)

Le quartier du Panier à Marseille repère de la « pègre internationale »

Le 23 janvier 1943 à Marseille, l’armée allemande et la police de Vichy dirigée par René Bousquet menèrent une vaste rafle dans les quartiers du centre-ville : l’Opéra, le Panier et le Vieux Port. Des milliers de personnes, dont 250 familles juives furent arrachées de leur logement. 1.642 hommes, femmes et enfants furent déportés vers le camp de Sobibor. Il suffit de regarder cette photo pour imaginer le bruit des talons sur le pavé, la voix des soldats, le claquement des portes des wagons et le sinistre cri de la locomotive conduisant tous ces malheureux vers l’horreur absolue des camps de la mort.

rafle_juifs vieux port4

Quelques jours après cette rafle, le 1er février 43, les nazis firent procéder à la destruction du quartier du Panier, qualifié de « chancre de l’Europe » et de « repère de toute une pègre internationale ». Voici comment le JT de l’époque, France Actualités, osait raconter cet évènement, sur 56 petites secondes…

Vous pouvez retrouver ce document en images sur le site de l’Institut National de l’Audiovisuel.  La Fondation pour la mémoire de la Shoah et le Mémorial de la Shoah œuvrent pour transmettre cette mémoire, notamment auprès des jeunes

 

Quand Philippe Pujol mène à Jean-Claude Izzo

Écouté Philippe Pujol parler des quartiers Nord de Marseille ce vendredi soir sur Canal + Honnête, digne, sensible face à Yann Barthès. Pas une once de cliché sur notre ville. Fierté. À la fin de l’interview, j’ai repensé à Jean-Claude Izzo. Un ancien du journal La Marseillaise lui aussi. Izzo, le créateur de Fabio Montale, le flic romantique et tourmenté de Total Khéops, Chourmo et Soléa, l’auteur entre autres des Marins Perdus et du Soleil des mourants. Je sais que si j’écris, il y est pour beaucoup. Il m’a donné confiance. M’a répété fonce, fonce, écris, lorsque je doutais. Je me dis que peut-être, Philippe Pujol lui doit aussi un peu (beaucoup ?)  Alors, réécoutons la voix d’Izzo, écrivain et poète, dans l’émission que France Culture lui avait consacrée en 2007.  Jean-Claude Izzo y parle peu mais il parle … du bonheur

Autre pépite émouvante extraite de cette émission : Izzo évoque son travail d’écrivain

Jean-Claude Izzo était aussi parolier de chansons. Ecoutez celle-ci, Nighthawks de Jean-Guy Coulange, inspirée du fameux tableau d’Edward Hopper

Seize ans après sa disparition, Jean-Claude Izzo conserve une dimension mythique. Ses aficionados qui viennent à Marseille se rendent sur les lieux où vivent ses romans et leurs personnages. C’est un sillon de lumière profond qu’il a creusé à travers ses romans et ses poèmes. Un sillon dans  lequel d’autres auteurs ont pu semer leurs graines pour raconter Marseille, les Marseillais, leurs galères, leurs espoirs et leurs bonheurs.

La mer à Malmousque

Fermez les yeux ! La mer est là, juste à côté. Vous êtes à Malmousque, avec vue sur les îles d’Endoume, en pleine rade de Marseille.

Marseille, Porte du Sud

 » Allez à Marseille. Marseille vous répondra.
Cette ville est une leçon. L’indifférence coupable des contemporains ne la désarme pas. Attentive, elle écoute la voix du vaste monde et, forte de son expérience, elle engage, en notre nom, la conversation avec la terre entière.
Un oriflamme claquant au vent sur l’infini de l’horizon, voilà Marseille.
Elle double son port d’un arrière-port. Ses Compagnies de navigation lancent chaque année des paquebots plus beaux que des châteaux.
Les autres grandes nations font cependant davantage. Aidons Marseille dans sa montée. Toute l’Italie est derrière Gênes pour le pousser. La France ne connaît de Marseille que Marius et le mistral… »

Albert Londres (1884 – 1932)

L’Œil de Sainte-Lucie

Sur le Vieux-Port de Marseille, on trouve du poisson, des coquillages et L’oeil de Sainte-Lucie.

L’oeil de Sainte-Lucie est l’opercule d’un « biou », une sorte de bigorneau dont la coquille est ronde, d’où le nom que lui donnent les pêcheurs de Méditerranée. En nacre orangée, cet opercule est conservé comme porte-bonheur, glissé dans un porte-monnaie, une tirelire ou un tiroir-caisse. Il peut aussi être serti et porté comme bijou protecteur qui éloigne le « mauvais oeil ».

 Le rossignol de Shanghai

Voici le chant matinal d’un rossignol de Shanghai.

« Les nuits suivantes, quand le rossignol se remettait à chanter, le pêcheur redisait à chaque fois: « Mon Dieu ! Comme c’est beau !  » Des voyageurs de tous les pays venaient dans la ville de l’empereur et s’émerveillaient devant le château et son jardin; mais lorsqu’ils finissaient par entendre le Rossignol, ils disaient tous : « Voilà ce qui est le plus beau ! » Lorsqu’ils revenaient chez eux, les voyageurs racontaient ce qu’ils avaient vu et les érudits écrivaient beaucoup de livres à propos de la ville, du château et du jardin. Mais ils n’oubliaient pas le rossignol : il recevait les plus belles louanges et ceux qui étaient poètes réservaient leurs plus beaux vers pour ce rossignol qui vivaient dans la forêt, tout près de la mer. »

Le Rossignol et l’Empereur, conte d’Andersen